PANTHÈRE DES NEIGES ET LÉOPARD DE CHINE

Expéditions au Tibet

 

journal et film

 

 

Textes : Frédéric Larrey en collaboration avec Claire Kappler

 

« Depuis l’enfance, j’attends de croiser le regard de la Panthère des neiges. Dans les escarpements rocheux du Tibet entourés de champs de neiges, des ocelles sur l’une des plus denses fourrures du monde animal touchent le ciel. Le funambule aux larges pattes se dissimule derrière l’une des mille crêtes parmi d’innombrables massifs. Sera-t-elle une ombre dans la nuit, une silhouette à l’aube ? »

F. Larrey 



Huit expéditions au Tibet, d’un mois chacune, sur trois ans. Frédéric Larrey est le premier à avoir approché la panthère des neiges d’aussi près – douze mètres ! –, durant de longues heures et des jours entiers. Depuis le massif le mieux préservé du plateau tibétain – entre 4500 et 5000 mètres d’altitude –, lieu unique au monde jusqu’ici fermé où il a réussi à se faire accepter, il rapporte l’observation de trente panthères avec leurs petits, toutes identifiées. Un vrai travail d’éthologie, novateur. S’y ajoute la rencontre inattendue avec le Léopard de Chine du Nord. Dans sa vie quotidienne avec les familles de bergers, Frédéric relate leur tolérance inouïe envers les grands prédateurs, et leur vie en harmonie avec la nature

 

Frédéric Larrey, photographe naturaliste, a reçu le prix Eric Hosking du BBC Wildlife Photographer of The Year en 2003. Il vient d’écrire pour ARTE le film Sur les traces de la Panthère des neiges. Il réalise pour plusieurs chaines internationales le film Le royaume de la panthère des neiges. C’est son premier livre, écrit en collaboration avec Claire Kappler, chercheur au CNRS, conférencière, auteur de nombreux livres, dont l’un a reçu un prix de l’Académie française.

3% des ventes de l'ouvrage sont reversés aux bergers tibétains habitant le massif de ce reportage. Ce fond indemnise les bergers suite à la prédation dans leurs troupeaux par les panthères des neiges et les autres prédateurs (léopard, loup, ours).

Postface de Claire Kappler.

Caractéristiques de l'ouvrage :

Textes en langues françaises

format 24 x 17 cm, couverture rigide

160 pages intérieurs sur papier d'art Munken, imprimé en France

Voir le site du reportage : www.photo-tibet.fr


FILM DVD 45 minutes

EN HARMONIE AVEC LA PANTHÈRE DES NEIGES

Le film associé à ce livre est réalisé avec les images et les vidéos tournées durant ces missions : l’occasion de faire connaissance avec le photographe et ses compagnons de voyage, les bergers, les paysages et les panthères des neiges en action dans tous les aspects de leur vie.

Un film de Linda HURÉ, journaliste pour TF1 et réalisatrice de films magazines.

 

Le site du reportage : www.photo-tibet.fr

 

Extrait du journal : 

29 septembre 2019

 

Au-dessus d’un gros bloc rocheux, dans un paysage où se mêlent cyprès et falaises rouges aux roches courbes et polies, voici le léopard commun ! Sa tête dépasse d’un petit buisson. Ses taches noires contrastent fortement avec le pelage jaune et blanc de ce gros félin, bien plus trapu qu’une panthère des neiges et à la queue plus courte. Ce jeune mâle Léopard commun appartient à la sous-espèce appelée Léopard de Chine du Nord. Il a capturé un yak, qui gît au sol en contrebas du perchoir de notre puissant félin.

Une rivière nous sépare. Nous installons nos affûts sur le versant opposé, à cent cinquante mètres environ du léopard. Il nous regarde sans perdre sa tranquillité : ce magnifique léopard change régulièrement de pose : il se déplace pour descendre sous le bloc rocheux, et se rapproche du yak laissé dans la forêt pour le surveiller ; il s’installe sous des rochers et cyprès pour s’abriter de la pluie, puis il va au milieu de buissons.

Avec le fort grossissement de ma longue-vue et le téléobjectif de l’appareil photo, je ne manque pas une seconde de ce spectacle, ô combien rare ! Nous vivons une journée exceptionnelle.

Les images que nous réalisons aujourd’hui pourraient être les premières d’un léopard de Chine du Nord réalisées dans la province du Qinghai et dans toute la Chine, si l’on excepte les images de pièges photos ou quelques rares observations lointaines. Cette sous-espèce du Léopard est classée « en danger critique d’extinction », avec moins de cinq cents individus dans le monde. Elle est localisée en Chine, dans des montagnes en haute altitude, si bien qu’elle résiste à des températures de moins trente degrés. Son pelage est très épais, sa queue dense comme celle de la panthère des neiges, mais plus courte. Sa robe est plus orangée que celle du Léopard d’Afrique.

Nous sommes à quatre mille mètres d’altitude. Ce léopard peut s’avancer dans les montagnes jusqu’à cinq mille deux cents mètres. Les bergers n’aiment pas s’aventurer dans les vallées boisées de peur de croiser un ours. Ils redoutent aussi le léopard, qui peut peser jusqu’à quatre-vingt-dix kilogrammes. Cependant, très peu de bergers ont pu l’observer durant leur vie. Tsejenima n’a pas eu cette chance, il ne nous accompagnait pas aujourd’hui, à mon grand regret.

Dans le massif, les bergers que j’interroge me disent qu’ils n’ont pas entendu parler d’attaques sur l’homme. Pourtant, le léopard est connu pour cela. Je ne sais pas combien d’attaques de léopards il y a dans le monde chaque année à présent, mais je sais qu’il capture des humains jusque dans leurs propres habitations. L’Inde, par exemple, connaît des chiffres d’attaques sur l’homme pour une période ancienne : à la fin du XIXe siècle, il tuait environ deux cents à trois cents personnes par an.

C’est une chance inouïe que de pouvoir observer ce mâle une journée entière dans de si bonnes conditions ! L’organisme de protection de la panthère des neiges m’a parlé de l’étude qu’elle a coordonnée, en confiant à des bergers le soin de poser des pièges photographiques dans le massif et de les relever périodiquement. Vingt-huit panthères des neiges et neuf léopards communs ont ainsi été dénombré il y a deux ans. C’est une démarche très intéressante car elle permet d’impliquer les bergers dans le suivi de la faune présente sur leurs propres pâturages.

 

Auteurs

 

Frédéric Larrey

Photographe animalier, il est cogérant de la société naturaliste Découverte du Vivant, il publie ses œuvres aux éditions Regard du Vivant, qu’il a fondées en 2001 avec Thomas Roger. Son aventure avec la Panthère des neiges commence en 2015, lorsque Argelès Photo Nature lui confie la réalisation d’une exposition illustrant la faune tibétaine. Quatre années et huit missions de terrain plus tard, le projet a pris une dimension internationale dont il n’aurait osé rêver.

C’est une rencontre imprévisible avec un berger tibétain engagé dans la conservation de la nature qui l’a conduit au plus près des panthères. Il a pu photographier un grand nombre d’individus et illustrer une large palette de comportements du félin en milieu sauvage. Ses images offrent une vision entièrement inédite de la panthère des neiges au cœur de son milieu naturel et apportent une véritable connaissance de cette espèce mythique.

Frédéric Larrey a reçu le prix Eric Hosking du BBC Wildlife Photographer of The Year en 2003. Il a signé plusieurs autres ouvrages et expositions naturalistes, dont Aigle de Bonelli en 2007, Madagascar en 2010, Pelagos en 2013 et Littoral en 2015. Ses images sont publiées dans les magazines Terre SauvageÇa m’intéresseNational GeographicRéponses photo… Il écrit et réalise aujourd’hui des documentaires sur la Panthère des neiges, et collabore notamment avec les chaînes Arte, France 5, Nat Geo Wild, Smithsonian Channel, RTBF, Doclights et CCTV. Frédéric est ambassadeur Leica France.

Ses expériences naturalistes de terrain, qu’il pratique depuis l’âge de dix ans, puis ses études de biologie à la faculté des sciences de Montpellier forgent son esprit scientifique. Il trouve une puissante inspiration dans ses rencontres avec le botaniste Francis Hallé et auprès de Gilles Bœuf, vice-président du Muséum national d’histoire naturelle de Paris. De nombreux naturalistes français et photographes qu’il a rencontrés ont achevé de l’aider à forger son regard curieux et novateur sur le vivant.

 

Son œuvre ouvre des voies sur des chemins jusqu’à présent non tracés.

 

Claire Kappler

Son enfance au contact de la nature, le plus souvent dans la solitude, ses rêves de voyage, son amour des livres et son ardent désir d’écrire l’ont animée très tôt d’une aspiration à chercher, puis à créer un monde où tous les êtres communiquent, où tout est animé, vivant.

Sa passion pour les langues, les arts, la littérature française, les littératures grecque et latine et, plus tard, les langues orientales l’a amenée à se former sous la conduite de maîtres riches d’expérience, de rigueur et d’inspiration, puis à mener ses propres recherches sur les mondes anciens et les cultures d’Orient, en particulier sur la quête des merveilles dans les récits de voyage. Son doctorat est devenu son premier livre, Monstres, démons et merveilles à la fin du Moyen Âge, publié aux éditions Payot, distingué par un prix de l’Académie française et traduit en quatre langues.

Son goût des pays lointains et des récits captivants l’a conduite à s’attacher pour plusieurs années à traduire la relation de voyage de Guillaume de Rubrouck, lettre d’une centaine de pages en latin adressée au roi de France, Saint Louis, au retour d’une mission délicate et dangereuse en Mongolie vers le grand khan de l’époque, vingt ans avant Marco Polo. Avec son époux, René Kappler, elle a entouré cette perle des récits de voyage de toutes les information historiques, géographiques, ethnologiques qui éclairent ce récit unique en son genre (Guillaume de Rubrouck, Voyage dans l’Empire mongol, 1253-1255, Payot, 1985 [rééd. Imprimerie nationale, 1993 et 2007 Payot et Rivages, 2019]).

D’autres livres ont suivi, d’autres écrits aussi : la littérature persane médiévale, qui aime exprimer sagesse et spiritualité à travers des « histoires », est devenue durablement pour elle une source d’inspiration propice à des recherches originales sur un terrain peu exploré.

Après des années d’enseignement dans des lycées français, puis à l’université de Bâle, elle a exercé comme chargée de recherche au CNRS pendant vingt-cinq ans, tout en continuant à partager ce qu’elle aime par des conférences en France et à l’étranger.

La dynamique de ses recherches réside dans le désir de créer des relations entre des cultures différentes, de faire dialoguer Orient et Occident, de mettre en lumière des visions du monde où l’être humain est relié à tous les êtres, visibles et invisibles, ici et au-delà. Au cœur de ce mouvement vers l’ici et l’ailleurs : la quête de beauté et de sens.